A chaque fois que j’entends le mot puberté, je pense automatiquement à la nécessité d’apprendre aux ados à aimer leurs corps.
Je pense à cela parce que c’est l’un des plus grands dilemmes de cette période : aimer son corps, ou s’aimer tout court.
Bien le bonjour l’amie. Tu l’as bien compris, aujourd’hui, nous discutons de puberté.
Je t’invite à t’asseoir et à participer activement.
Avant de rentrer dans le vif du sujet… D’abord, la puberté c’est quoi ?
La puberté a plusieurs définitions selon la perspective prise.
De façon médicale, c’est la période de l’évolution humaine durant laquelle le corps devient sexuellement mature.
Dépendamment des sociétés, la puberté est considérée comme la période de transition entre l’enfance et l’âge adulte.
Dans certaines cultures, c’est l’âge auquel les filles sont données en mariage (même si c’est une très mauvaise idée).
Dans d’autres cultures, c’est l’âge auquel les enfants commencent à se chercher financièrement et elle marque le début de l’adolescence.
Et selon l’endroit sur le globe terrestre, les pubères sont soumis à des rites et cérémonies qui sont aussi différents que les milliers de cultures existantes.
Là où commencent les embrouilles : les changements physiques liés à la puberté
On lie souvent la puberté au moment de la survenue des premières règles. Ce qui n’est pas exactement le cas.
La puberté commence vers l’âge de dix ans, parfois un peu plus tôt ou un peu plus tard. Et elle commence généralement par des changements visibles du corps comme les seins qui commencent petit à petit à pousser, les hanches qui s’élargissent, la taille qui s’affine et la voix qui devient également plus fine.
Cette période de croissance corporelle dure environ deux ans avant que n’apparaissent les premières règles.
Je ne sais pas si tu réalises tout ce que cela représente.
Ton corps que tu connaissais depuis toujours se met tout à coup à changer. Tu deviens « différente ». Tu deviens « une grande fille ».
Et le pire ? personne ne t’en parle.
Ça devient un sujet interdit à aborder sans que tu ne saches pourquoi.
La seule chose qu’on t’apprend c’est qu’il faut « avoir honte » et ne pas laisser quelqu’un voir que ton corps évolue.
Je ne dis pas que c’est une mauvaise chose en soi d’apprendre aux filles à se couvrir ou à s’habiller décemment mais là n’est pas le sujet. Je pense que cette façon de presque vouloir camoufler le sujet fait en sorte que beaucoup de filles ont honte de leur propre corps. Les changements de leurs corps deviennent une raison d’être mal à l’aise, mal dans leur peau. Et si elles ont le malheur d’être différentes de ce que l’opinion publique tague de « belle », bonjour le bodyshaming.
J’allais parler du harcèlement scolaire par les camarades qui commencent à rire de toi et à faire des commentaires déplaisants mais je me suis rappelée que tout commence malheureusement à la maison. Souvent par les parents eux-mêmes. C’est des commentaires comme « regarde comment tu es grosse, tu devrait arrêter un peu de trop manger », « ehh regarde comment tes fesses sont plates, qui va venir épouser une fille comme ça ? » « tu as vu la taille d’une telle ? », etc.
Et ce bodyshaming là est tellement banalisé chez nous qu’il se fait à tous les niveaux et tout le temps sans aucune considération pour ses conséquences sur la santé mentale de celle qui les subit.
Ce qui se passe dans la tête d’une pubère
L’aspect qu’on oublie très souvent aussi, c’est que la puberté est la période pendant laquelle notre quête d’identité est le plus prononcé. On essaie de s’adapter aux changements qui surviennent en nous. On a des questions à poser mais on ne sait pas à qui. On est plus enfant mais on n’est pas adulte aussi et on ne sait pas forcément qui on est. Et on essaie de voir autour de nous ce que font les autres. L’entourage joue un rôle très important à ce stade. Les gens qu’on côtoie, les livres que nous lisons, les programmes télé que nous regardons, l’ambiance dans laquelle nous vivons tout court. Et c’est pendant ce moment que beaucoup d’ados devient de la trajectoire parce qu’elles n’ont justement rien de concret sur lequel s’appuyer.
Beaucoup de problèmes d’adulte commencent à ce moment-là. Le manque de confiance en soi, la peur de s’exprimer, les complexes liés au corps, l’anxiété, la dépression, l’envie irrépressible de plaire aux autres, etc.
Je sais que tu vas me dire « mais tout ça commence dès l’enfance, non ? » et je te répondrai que oui, tu as raison, tout commence dès l’enfance, mais, tout est plus accentué pendant la puberté et l’adolescence.
Les tabous qui nous pourrissent la vie
Si l’on devait comptait le nombre de filles à qui on a sorti le « si un garçon te touche, tu tomberas enceinte », on risque d’y passer des années.
C’est l’une des phrases favorites de l’entourage (les parents surtout) lorsqu’une fille commence à avoir ses règles.
Pire encore, tu apprends très tôt et de manière tacite, que les règles il faut en avoir honte. Personne ne doit jamais au grand jamais savoir que tu as tes règles. Même pendant ramadan si tu ne jeunes pas, tu dois te cacher pour manger. On ne te le dit pas directement mais le tabou qu’il y’a autour des règles te poussent à penser et à faire tout cela.
A côté de cela, le fait que personne ne te parle jamais de ton corps, des changements auxquels il est sujet et de la normalité de ces changements, crée un certain tabou qui s’étend également sur la sexualité.
Tout ce qui touche au corps et au sexe est tabou.
Ce qui fait que beaucoup de jeunes filles ne reçoivent aucune éducation sexuelle.
Je ne sais pas comment nous espérons que les jeunes filles sachent automatiquement comment se comporter dès qu’elles atteignent leur puberté.
Tous ces silences et tabous autour du corps et la sexualité favorisent le développement des complexes liés au corps et les comportements sexuels risqués.
Ce que nous oublions souvent, c’est que l’éducation sexuelle est aussi une partie de l’éducation de nos enfants. Et un enfant non éduqué à la maison le sera certainement par la rue. Je pense que la première option est meilleure.
La clé d’une puberté épanouie

La puberté est une période un peu compliquée pour beaucoup de filles mais, avec un entourage bienveillant, les bonnes informations et un soutien psychologique constant, elle devient une belle expérience remplie d’apprentissage et de croissance.
C’est le moment où il faut encore et encore insister sur la notion du consentement, sur le fait également de consommer les meilleures ressources (livres, documentaires, podcasts, émissions, etc.) qui permettent d’en apprendre plus sur soi-même et sur la bonne tenue des relations sociales.
Je reste convaincu que tout parent veut le bonheur de son enfant et qu’un enfant mis en confiance et écouté à la maison devient un adulte équilibré.
Je m’arrête ici pour aujourd’hui.
N’hésite pas à partager tes réflexions sur la question en commentaires.
On se dit à bientôt pour une autre discussion !