Esther Magadji, une championne du digital

Parmi les merveilles de la vie figure le plaisir inexplicable d’échanger avec des personnes intelligentes, qui se questionnent et qui aspirent à grandir.

L’idée d’ajouter cette nouvelle rubrique au blog trotinnait dans ma tête depuis un moment et là, nous y sommes !

Mesdames et messieurs, permettez-moi de vous introduire « Discussions avec », une série de discussions ouvertes avec quelques jeunes femmes et hommes nigériens qui font des merveilles, chacun à sa façon.

Embarquons ensemble dans cette safe zone virtuelle où nous allons principalement parler ‘’développement’’. Developement de soi, développement des autres et développement de nos communautés.

Pour cette première discussion nous retrouvons Esther Magadji, une jeune humanitaire féministe et championne du digital.

Salut Esther, parle-nous de toi et de ton parcours de Tech Girl.

Je me nomme Nana Barira Esther, plus connue sous le nom de Esther Magadji. Je suis une jeune humanitaire féministe engagée pour les causes communautaires, particulièrement celles qui concernent les femmes.

Détentrice d’un master 2 en Marketing digital, je suis employée au Niveau de l’ONG Hope Sahel et bénévole auprès d’autres organisations qui œuvrent pour la cause des Femmes. Je suis également détentrice de plusieurs prix nationaux et internationaux à savoir India Africa Hackaton 2022, AGCCI (African Girls Can Code Initiative), Tech Girls, Rôle Modèle et bien d’autres.

Pour mon parcours dans la tech, il a commencé en 2019 à l’Ecole Supérieure des Télécommunications de Niamey mais a véritablement pris son envol après que j’aie representé le Niger en Inde pour un hackaton qui a réuni l’Afrique et L’Inde avec plus de 600 participants et où mon équipe a reçu le premier prix de la catégorie Agriculture.

Après cela, j’ai fait la découverte de Girls in ICT. J’ai vraiment apprécié le travail qu’elles accomplissent et je me suis engagé auprès de Latifa Yari, Ms Geek Africa 2018,  pour former et accompagner les jeunes filles dans le domaine du numérique.

De là est parti une belle aventure auprès des autorités et des organisations nationales et Internationales comme ONU femmes, UNFPA, UNICEF, Super Crack Académie, etc.

Dis-nous, Esther, quelles causes défend-tu et pourquoi ?

Je défend la justice sociale, les Droits Humains, l’inclusion et surtout la cause des femmes parce que pour moi l’humain prime sur tout et que tous les humains doivent avoir les mêmes Droits et les mêmes privilèges.

Chose qu’on ne constate malheureusement pas au niveau du genre et surtout les femmes. Cet aspect fait qu’à tous les niveaux on remarque un certain fossé qu’on a du mal à remplir, que ça soit dans le domaine du numérique ou dans les autres domaines scientifiques.

Quels sont les défis que tu rencontres souvent dans ton engagement ?

Le travail humanitaire, surtout dans des organisations non gouvernementales (ONG), est souvent une vocation plutôt qu’un simple emploi. Il exige un investissement personnel, une passion pour le changement social et une volonté de faire une différence dans la vie des autres.

Cependant, comme beaucoup de professionnels engagés dans des causes humanitaires, jongler entre un emploi à temps plein dans une ONG et des engagements bénévoles dans d’autres organisations peut entraîner une série de défis, principalement en termes de gestion du temps et d’équilibre entre la vie professionnelle et personnelle.

Parfois j’ai l’impression que mes journées font 12h au lieu de 24h.

Parfois je ne suis à la maison que pour dormir et il m’arrive de faire 3 à 4 jours sans voir les gens avec qui je vis dans la même maison.

A part le défi de la gestion du temps, lorsqu’on est dans des domaines comme les droits des femmes et l’égalité, cela peut parfois entraîner des remarques déplacées de la part de certaines personnes. Ces remarques peuvent être liées à plusieurs stéréotypes ou jugements sociaux qui sous-estiment ou dévalorisent l’engagement personnel.

Certaines personnes vous feront des remarques du genre « vous vous surchargez » ou que vous « perdez votre temps » avec des causes qui ne sont pas toujours « pratiques » ou « rentables ». Des remarques comme « Pourquoi travailles-tu autant pour des causes qui ne te rapportent rien ? » ou « Tu devrais te concentrer sur ta carrière et ta famille plutôt que de t’engager dans des projets bénévoles ».

Esther, qu’est-ce qui te permet de te ressourcer et d’avoir la force de continuer quand ça ne va pas ?

Après la licence à l’Ecole Supérieure des Télécommunications, j’ai reçu un témoignage de satisfaction de l’école elle-même et je l’ai accroché dans ma chambre. Le fait que je sois la première étudiante et la seule jusqu’à ce jour à avoir reçu un témoignage de satisfaction de l’école, ce papier représente beaucoup pour moi. Il m’encourage à faire plus à chaque fois que je le regarde même étant découragée. Il arrive à me faire aller de l’avant.

Et aussi, le fait de rencontrer des jeunes, souvent plus jeunes que moi, qui me font des retours sur ce que je fais, cela me permet d’avoir le courage d’en faire encore plus.

Avant de nous laisser, quel message adresserais-tu à celles et ceux qui nous lisent ?

En tant que femme, humanitaire, militante féministe et Tech Girl, je crois fermement que chaque action, aussi petite soit-elle, peut contribuer à transformer notre monde pour le mieux.

Nous vivons dans une époque où les inégalités, les discriminations et les injustices persistent, mais où chaque voix, chaque geste, chaque mouvement peut être un catalyseur de changement.

Le changement que nous appelons de nos vœux ne se produit pas uniquement au niveau des institutions, des lois ou des politiques.

Il commence en nous, dans nos foyers, dans nos communautés, dans nos relations humaines. Il commence par la remise en question de nos propres préjugés et de nos habitudes, par l’éducation de nos enfants, par la construction de ponts entre les différentes cultures et réalités.

Et nous voilà à la fin de cette discussion. J’espère que vous avez pris autant plaisir à la lire que moi à l’écrire. J’espère aussi que le message de notre très chère Esther vous aura touché. Vous pouvez la suivre sur Facebook en cliquant ici.

On se prend très bientôt pour continuer nos échanges.

Et d’ici là, prenez soin de vous !

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1 Comment

  1. Hama Fadilatou

    Macha Allah qu’Allah te protège d’avantage bonne chance pour la suite

    Et surtout espérons que tu vas m’apprendre aussi 🤣🫣

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